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Le skipper de PRB, jusque là en tête, a attendu jusqu’à l’après-midi d’hier pour constater les dégâts et prendre la décision difficile d’abandonner son 60 pieds en plein Atlantique. Le skipper a été récupéré à bord du Gitana Eighty de Loïck Peyron, son plus proche poursuivant au moment de l’avarie. Cette nouvelle défection est un coup dur pour les marins. Même s’ils gagnent une place bien malgré eux dans le classement, ils ont plus que jamais conscience que le plus pur des hasards peut mettre un terme, en quelques secondes, à des mois de préparation. Depuis le début de cette Artemis Transat, ils sont au moins trois, en 60 pieds, à avoir heurté un animal marin avec des conséquences plus ou moins graves. Pour AKENA Vérandas et ses proches concurrents (Roxy, Cervin et Safran), cette crainte du choc est actuellement décuplée par une brume tenace, ne permettant aucune visibilité. C’est donc les yeux rivés sur ses instruments de navigations qu’Arnaud Boissières trace sa route. Et la stratégie mise en place ces derniers jours porte ses fruits. Le skipper du monocoque vendéen a été le premier à franchir la porte des glaces, dans son extrémité orientale et le consultant stratégie de l’organisation, Jean-Luc Nélias, expliquait dans sa chronique quotidienne qu’il pourrait y avoir « un bon coup à jouer pour AKENA Vérandas ». Le plan Finot a en effet réduit de manière conséquente son retard sur le Roxy de Sam Davies (plus que 6 milles les séparent au classement de 16h00 HF) et distancé un peu plus encore le Cervin de Yannick Bestaven. Mais Arnaud avouait par téléphone cet après midi qu’il espérait des gains encore plus important de sa route orientale. Cela fait maintenant un peu plus de trois heures qu’ il a franchi la porte des glaces et il a choisi de la longer dans son sud en attendant un vent plus soutenu qui lui permettra d’abattre et d’envoyer son gennaker. Il navigue encore dans des petits airs mais des conditions plus musclées sont attendues dans les prochains jours. Les leaders affronteront des rafales de plus de 40 nœuds dès cette nuit mais le peloton dont AKENA est l’un des animateurs devrait être relativement épargné. Mail envoyé cet après midi. J'ai franchi l’ice gate à 12H19 TU par 40N et 47 19,303 W. Ouf, voilà une chose de faite. Il fait beau et chaud, mais il n’y a pas de visibilité, juste après la porte le vent s'est établi du genre passe la porte, ça fera un courant d'air. Je la longe un peu, tout en me décalant un sud pour avoir du vent établi. Comme si c'était un nouveau départ, j'ai fait un rangement du bateau, épongé les fonds, vérifié que tous les ballasts soient clairs. Bref, j’ai fait ma femme de ménage. Je suis resté dehors pendant une heure à tout observer, à voir que l'on ne pouvait rien voir, j'en ai mal aux yeux. Cet éclairage très fort me donne presque mal à la tète à moins qu’il ne s’agisse des nuits très exigeantes. Qu’importe. A l’intérieur, tout est allumé. AIS, radar, activ écho en stand bye. Pour me rassurer, j’ai discuté avec un cargo cette nuit et il me disait qu’il n’avait repéré mon écho AIS qu’à 1 mille ! Il m’a demandé ce que je transportais, j’ai failli dire un Cali et des vérandas mais en anglais, c’était au dessus de mes compétences.
Classement à 18h00 (HF) : 1. Gitana 80 (Loïck Peyron) à 550 milles de l'arrivée 2. Brit Air (Armel Le Cléac'h) à 56 milles du premier 3. Generali (Yann Elies) à 136 milles du premier ... 7. AKENA Vérandas (Arnaud Boissières) à 490 milles du premier
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