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En une semaine, deux sérieux concurrents ont été contraints à l’abandon (Brit Air puis Ecover) et rares sont les marins qui ont été épargnés par cette série noire. Arnaud Boissières, à bord d’AKENA Vérandas a été l’un des premiers touchés avec ses soucis de voile mais ces avaries ne remettent pas sa course en jeu. Arnaud est même en passe de réussir l’un de ses challenges puisque le Maisonneuve de Jean-Baptiste Dejeanty reste dans son tableau arrière depuis plusieurs jours. Il sera par contre plus difficile de gagner des places puisque la nuit dernière a été particulièrement sévère avec le monocoque vendéen. Englué dans une zone sans vent, il a vu s’échapper Cervin EnR et Roxy lancés à plus de 10 nœuds quand son propre compteur n’en affichait que trois. Reparti à une allure plus régulière depuis le début de la journée, Arnaud espère maintenant combler en partie les 120 milles qui le séparent de ces concurrents. « Les bateaux de devant ont une route très incurvée alors que nous, nous allons pouvoir couper le gâteau au milieu pour nous rapprocher » expliquait-il au téléphone. Mais la météo ne sera plus le seul facteur de réussite des uns et des autres. La fatigue, en plus de la casse matérielle, va jouer un rôle de plus en plus important. Il faut en effet rappeler que les concurrents ont quitté Le Havre il y 38 jours et que les quelques nuits de sommeil glanées à Bahia ne sont plus qu’un lointain souvenir. Arnaud parvient pour sa part à se ménager des siestes qui lui permettent de garder sa lucidité mais il avoue que les manœuvres incessantes lui coutent physiquement. Pour certains, la clairvoyance commence à faire défaut, ainsi Bernard Stamm a préparé deux plâtrées de pâtes, oubliant qu’il était seul à bord. Cette anecdote amusante en dit long sur la difficulté d’enchaîner deux transatlantiques. La B to B, avec son rythme soutenu ressemble de plus en plus à un petit Vendée Globe et, selon les estimations d’Arnaud, il lui reste encore six à sept jours de course. Mail envoyé le 11 décembre au matin : Ca parait étrange après la nuit de m... que j'ai passé (pétole, vitesse moyenne 3nds, Cervin et Roxy m'ont mis 50 milles) mais je me régale. J'apprends à naviguer avec les voiles que j'ai et je me rends compte qu'en début de saison, faute de conditions météo appropriées, nous n’avons pas assez navigué avec le gennaker de capelage et l’ORC. Ce gennak qui est pratiquement neuf s’avère être une voile redoutable dans les touts petits airs car il est moins lourd et plus facile à utiliser. Au petit matin, je suis reparti avec un peu de pression au près dans 12 à 15 nœuds. A bord, tout le monde est content, on avance à 10 – 11 nœuds, la couverture nuageuse semble avoir changé, c’est de bon augure. Les nuages sont plus chargés et il y a moins de grains localisés. Les bateaux de tête sont désormais dans un autre système météo, c’est vraiment rageant et je pèse mes mots. Il reste 1500 milles à parcourir mais je préférerais qu’il en reste le double pour avoir l’opportunité de revenir à la bagarre. La prochaine course, ce sera fin mai et c’est vraiment frustrant car c’est loi, et que ce sera la dernière ligne droite avant le Vendée Globe. Mais on en est pas encore là… Arnaud
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